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| Jeudi, 22 Juillet 2010 13:36 |
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Reporters sans frontières appelle à la libération immédiate et inconditionnelle du militant des droits de l’homme Sheikh Mekhlef bin Dahham al-Shammari, connu comme un réformateur social et un écrivain. Arrêté le 15 juin dernier, il n’a toujours pas été présenté à un juge. Son dossier d’accusation est particulièrement fantaisiste. Il lui est reproché "d’énerver les autres". Son arrestation serait liée à ses critiques de responsables politiques et religieux, notamment dans le cadre de ses publications en ligne, sur les sites d’informations www.saudiyoon.com et www.rasid.com.
"L’Arabie Saoudite n’en est pas à ses débuts en ce qui concerne les détentions abusives. Mais cette affaire frise le ridicule. Si la seule chose que l’on puisse reprocher à al-Shammari est d’avoir énervé ou agacé certaines personnes, le nombre de Saoudiens susceptibles de finir en prison devient relativement élevé. Sa détention est un coup porté à la liberté d’expression dans le pays et va à l’encontre des intentions affichées par les autorités saoudiennes, auprès des Nations unies en particulier, de réaliser des progrès dans le domaine des droits de l’homme. La communauté internationale doit se mobiliser pour obtenir la libération de cet humaniste engagé dans des causes tout à fait louables", a déclaré l’organisation. Al-Shammari a été arrêté à multiples reprises ces dernières années, du fait de son rapprochement avec des représentants de la communauté chiite saoudienne. Il avait déjà été interpellé, puis relâché sous caution, le 15 mai 2010, suite à des articles critiquant des interprétations conservatrices de l’islam relayées par les officiels saoudiens. Il avait été arrêté à Jubail le 15 juin dernier, puis transféré à la prison de Damman au début du mois de juillet. Selon Ibrahim Al Mugaiteeb, fondateur et directeur de l’organisation Human Rights First Society, auquel le militant avait confié un pouvoir spécial de représentation en justice avant son arrestation: "L’arrestation de Mr. Alshammri est illégale. Le bureau du procureur général ne dispose d’aucun élément contre lui. Sa détention représente une violation flagrante de la liberté d’expression". Parmi les thèmes chers à ce militant: la pauvreté, le chômage, des problèmes selon lui ignorés par les autorités, qu’il estime obnibulées par les questions de "morale" et par le maintien de la séparation entre hommes et femmes. Il a aussi mis en évidence les échecs du gouvernment quant au développement touristique et la dénonciation des discriminations envers la minorité shiite. Lui-même musulman sunnite, il avait vivement critiqué une personnalité saoudienne influente, Mohammed al-Arifi, pour avoir qualifié l’un des chefs religieux shiite les plus respectés, le Grand Ayatollah Ali al Sistani, d’"athéiste obscène".
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