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| Des activistes haussent le ton contre le ministère de l’Intérieur |
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PARIS, 12 juin 2010 – Des activistes saoudiens se proclamant de l’«Association pour les droits civiques et politiques» ont accusé, dans un long communiqué d’une rare violence publié vendredi, le ministère de l’Intérieur d’«incarner l’Etat policier» et de favoriser la violence par son «interdiction» de la tenue d’un sit-in pacifique pour protester contre l’attaque, le 31 mai, par l’armée israélienne de la «flottille de la liberté» dans les eaux internationales, au large de la bande de Gaza. Dans ce communiqué, publié sur le site de l’Association, ces activistes -- pour la plupart notamment des avocats, des ingénieurs, des universitaires, des écrivains et des hommes d’affaires – estiment que «le ministère a fait preuve de mépris et d’atteinte à la dignité du citoyen» que le ministère a «superbement ignoré», dans une référence à la fin de non recevoir opposée à la requête de dizaines d’activistes saoudiens. Le 5 juin, 47 militants de l’«Association» avaient posté au ministre de l’Intérieur, le prince Nayef ben Abdel Aziz, également deuxième vice-président du Conseil des ministres, un message pour les autoriser à protester d’«une manière pacifique et civilisée» pendant deux heures dans une artère de Ryad contre «l’acte flagrant de piraterie» et pour réclamer la levée du blocus imposé à Gaza. Cette requête est restée lettre morte. Visiblement irrités, les activistes ont voué aux gémonies le ministère, l’accusant de «faire fi des conventions internationales signées par l’Arabie saoudite» qui avait pourtant ratifié la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont l’article 20 stipule notamment que «toute personne a droit à la liberté de réunion et d’associations pacifiques». Le communiqué souligne que «l’interdiction des sit-in et des manifestations prouvent clairement que nous sommes dans un pays contrôlé par le service de renseignement, une caractéristique d’un Etat policier». Le texte accuse aussi le ministère de l’Intérieur de «poursuivre ses violations systématiques des droits de l’Homme, en contraignant le peuple à l’assujettissement et à l’abdication de sa dignité, sous prétexte de défendre la sécurité nationale». «En bafouant les droits de l’Homme, l’Etat policier est de nature à favoriser l’émergence de la violence», prévient le communiqué en rappelant une citation de l’ancien président américain John Fitzgerald Kennedy, selon laquelle «à vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes”. Interrogé par « Saudiwave », le porte-parole du ministère de l’Intérieur, le général Mansour Al-Turki, a affirmé que son ministère n’avait pas encore pris connaissance du nouveau communiqué. Le 5 juin, un fonctionnaire au cabinet du ministre avait refusé de réceptionner la demande que voulaient lui remettre cinq défenseurs des droits de l’Homme et coordinateurs du mouvement, arguant que le ministre se trouvait à Djeddah. Mais, les autorités saoudiennes répètent à l’envi que la loi en vigueur interdit les manifestations qui "suscitent le désordre et perturbent l’ordre public". Le royaume a toutefois dénoncé vivement «l’agression» contre la flottille, estimant qu’elle «reflète les agissements inhumains d’Israël qui défie ostensiblement le monde entier et le droit international». Comments (0)
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-- Par Habib TRABELSI --
