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Libération - D'importantes manifestations antiaméricaines à Kaboul et à Jalalabad ont fait au moins cinq morts. Au moins cinq manifestants sont morts et une trentaine ont été blessés par balle mercredi dans les émeutes antiaméricaines en Afghanistan après que des exemplaires du Coran eurent été brûlés la veille dans une base militaire américaine, ont indiqué les autorités locales et médicales.
Outre une victime à Jalalabad (est), un manifestant a perdu la vie à Kaboul, a-t-on appris auprès du ministère de la Santé. Trois autres ont été tués dans la province de Parwan, au nord de Kaboul, selon un porte-parole des autorités locales.
Aux cris de «Mort à l'Amérique» et «Mort à Obama», de violentes émeutes ont éclaté dans la capitale Kaboul et à Jalalabad, dans l'est, qui abrite également une importante base militaire de la force internationale composée pour plus des deux tiers de ses troupes de soldats américains.
Le chef du Pentagone, Leon Panetta, et avant lui le commandant de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), le général américain John Allen, ont rapidement présenté des excuses, cherchant à étouffer dans l'oeuf les violentes réactions antiaméricaines au moment où Washington tente d'ouvrir au Qatar des négociations de paix avec les talibans et poursuit le retrait de ses troupes combattantes, censées avoir quitté le pays fin 2014.
A Kaboul, une foule en colère a bombardé de pierres la base américaine de l'Isaf Camp Phoenix, incendié des voitures et attaqué des boutiques adjacentes, a témoigné un photographe de l'AFP. La police afghane anti-émeute a vite été débordée, avant d'envoyer des renforts. Les soldats américains de Camp Phoenix ont dû tirer en l'air pour tenter de disperser les émeutiers, selon le photographe de l'AFP.
Au moins 11 manifestants ont été blessés par balles, dont deux sont dans un état critique, a assuré à l'AFP un responsable du ministère de la Santé, sous couvert d'anonymat.
Le porte-parole de la police de Kaboul, Ashmat Estanakzaï, a affirmé que les policiers n'ont pas ouvert le feu, mais indiqué que "les manifestants étaient devenus très violents après qu'ils eurent attaqué Camp Phoenix.
L'ambassade des Etats-Unis a annoncé sur Twitter qu'elle avait fermé ses portes et interdit à son personnel d'entrer ou d'en sortir, ou de circuler en ville.
A Jalalabad, la foule a également marché en direction de la grande base militaire de l'Isaf tenue par les Américains et un groupe d'étudiants a brûlé un portrait du président Barack Obama, selon un reporter de l'AFP.
«Jetés par inadvertance»
Selon Ahmad Ali, un médecin de l'hôpital de Jalalabad, un jeune manifestant a été tué et des responsables de la sécurité ont indiqué que 11 autres avaient été blessés par balles.
Dans la nuit de lundi à mardi, des exemplaires du Coran ont été brûlés dans la plus grande base américaine en Afghanistan, à Bagram, à 60 km au nord de Kaboul, selon les autorités afghanes et des employés afghans. Aussitôt, le général Allen, avait présenté ses excuses «au noble peuple d'Afghanistan» et plaidé l'«erreur».
Dans la soirée, il avait reconnu que des exemplaires du livre saint de l'islam avaient été jetés «par inadvertance dans l'incinérateur de la base de Bagram», promettant une enquête et assurant que de tels actes ne se reproduiraient plus.
A Washington, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a réitéré ces excuses, confirmant que du personnel s'est «débarrassé» d'exemplaires du Coran de manière «inconvenante». Des responsables américains ont par ailleurs assuré qu'ils avaient été brûlés parce qu'ils servaient à dissimuler des messages passés entre des prisonniers afghans de la prison dépendant de la base de Bagram.
Dès jeudi matin, des milliers de manifestants avaient assiégé la base de Bagram, tirant sur ses occupants avec des lance-pierres et incendiant une des entrées. Les soldats américains avaient riposté avec des balles en caoutchouc.
Les profanations du livre saint de l'islam, ou des actes considérés comme blasphématoires par les musulmans, commis par des soldats étrangers surviennent périodiquement en Afghanistan, déclenchant généralement des manifestations violentes.
(AFP)
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