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Le Figaro - Par Mélanie Matarese - Alors que la guerre d'Algérie s'invite dans la campagne électorale française, de l'autre côté de la Méditerranée, les médias algériens accusent Nicolas Sarkozy d'en faire "un fonds de commerce électoral" pour "récupérer les voix des rapatriés". Revue d'une presse en colère.
En reconnaissant "officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des harkis", vendredi 9 mars à Nice, puis en déclarant dans le journal Nice Matin, que la France ne pouvait "se repentir d'avoir conduit" la guerre d'Algérie, le président candidat a provoqué la colère des médias algériens.
"Son glissement vers l’extrême droite ne parvenant pas à le faire remonter dans les sondages, Sarkozy tombe les masques pour se découvrir plus lepéniste que sa rivale", attaque le quotidien Liberté. Et de décrire "un déplacement très calibré à Nice, la capitale de l’OAS pour soigner son image auprès des pieds-noirs et leur prouver sa compassion, n’hésitant pas à fouler "l’amitié avec l’Algérie" dont lui-même n’a pas arrêté de se prévaloir dans ses multiples visites dans l’ancienne colonie française et ses rencontres avec Abdelaziz Bouteflika."
L’Expression, autre quotidien francophone, rappelle l’enjeu "des voix des rapatriés et des harkis", "fortement tentés par un vote Front national que l'actuel locataire de l'Elysée compte faire tomber dans son escarcelle. Une cagnotte sans laquelle il sera obligé de céder le fauteuil de premier magistrat de France à son redoutable concurrent socialiste qui le battrait à plate couture selon de récents sondages. Une salade franco-française, en somme, dont l'assaisonnement rappellera un goût puissamment mémorisé pour les nostalgiques de l'Algérie française."
Le Maghreb, un quotidien économique, insiste : "Aucun parmi nous, ne doit faire de concession à la France officielle afin qu'elle reconnaisse sa machine destructive en Algérie. Le peuple algérien à l'issue d'une lutte menée au prix de sacrifices inouïs, qui a fauché la vie des meilleurs fils de toute une génération, n'est pas prêt aujourd'hui d'accepter ce discours de Sarkozy terrifiant encore que ses précédentes sorties à l'encontre de l'Algérie."
Sur son site, Echorrouk estime que "Nicolas Sarkozy continue de provoquer les Algériens. Il continue de nier les crimes commis par l’armée coloniale française en Algérie, mais il les compare à la lutte armée menée par le front de libération nationale. Le président-candidat se s’arrête apparemment devant rien pour arriver à ses fins. Il n’a pas oublié de rendre hommage aux collaborateurs algériens de l’armée française. Des déclarations qui laissent Marine Le Pen loin derrière en matière de falsification de l’histoire et mensonge."
Les politiques n’ont pour l’instant pas réagi à l’exception d’Abdelaziz Belkhadem, ministre d'Etat algérien et chef du Front de Libération national (FLN, parti présidentiel). Samedi, il a répondu au chef de l’Etat français qu’un jour viendrait "où la France s'excusera" pour ce qu'elle a fait à l'Algérie, "que le président Sarkozy accepte ou refuse".
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